Kimiko Yoshida
« Lutter contre l’«état des choses », aller contre «ce qui est», c’est sans doute là pour moi le sens de l’art. Être là où je ne pense pas être, disparaître là où je pense être, voilà l’important. »

Voilà un bon moment déjà que je m’intéresse au travail de Kimiko Yoshida, et à ses autoportraits, thème central de son oeuvre.
Femme aux milles visages, ni tout à fait elle-même, ni tout à fait une autre, Kimiko Yoshida est une photographe et plasticienne japonaise, installée en France depuis 1995.
Son visage et son buste, parés d’atours de mariée, de geisha, chargés de coiffes et de bijoux, peints ou dilués dans un bain de couleur que seul le regard réveille, s’alignent inlassablement sur de grands formats carrés. Il est troublant de voir ses portraits grandeur nature, immenses et majestueux, nous questionner tour à tour sur l’identité, le genre, la représentation.
Dans le carcan de son enfance japonaise, elle découvre la tradition des mariages arrangés…cela lui inspirera l’ouvrage « Marry me », dans lequel elle incarne page après page la « mariée célibataire ».

« Sur la plupart des photos, la mariée célibataire est voilée. Ce voile par lequel la promise se dérobe au regard avant la bénédiction nuptiale définit le moment où le mariage n’est pas encore consommé : il annonce en fait la promesse du dévoilement. Ce fragile tissu qui va bientôt être relevé évoque à l’instant l’inaccomplissement, l’attente, voire l’interdit. »

« J’ai fui le Japon, parce que j’étais morte. Je me suis réfugiée en France, pour échapper à ce deuil. Un jour, quand j’avais trois ans, ma mère m’avait mise à la porte. J’ai quitté la maison en emportant une boîte avec tous mes trésors. Je me suis réfugiée dans un jardin public. La police m’a retrouvée là, le lendemain. Depuis, je me suis toujours sentie nomade, vagabonde, fugitive. Quand je suis arrivée en France, j’ai dû apprendre la langue comme une enfant qui venait de naître. »









1marmotte
wrote on 03.06.2011 at 22:35
holala j’avais loupé ca o____o